Saturday, March 05, 2011

La France a peur

La France a peur: "« Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur les flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C’est toute l’Europe alors qui serait en première ligne » Allocution du chef de l’état aux Français – Dimanche 27 février 2011.

Alors que les nations arabes tentent de s’élever vers un idéal démocratique qui reste à inventer, les démocraties « mures », elles, semblent décliner. Ce mouvement contradictoire prend tout son sens avec la parution du rapport de « the Economist », annonçant la relégation de la France du club très fermé des « démocraties complètes ». Quitte à s’ingérer en Tunisie et en Algérie, la France aurait pu proposer son savoir faire en matière de médiation. Elle n’en a rien fait. Elle a préféré offrir son savoir faire en matière sécuritaire. Il est vrai qu’à l’époque on ne savait pas encore qui du million de manifestants ou du dirigeant acculé, était le véritable facteur d’insécurité et de violence. On croyait alors, sincèrement certainement, qu’il fallait protéger le peuple de lui même et le prémunir de ses débordements intempestifs. Un mouvement à rebours, signe évident d’un aveuglement, de pesanteurs historiques (et coloniales) mais surtout de peurs.

Le vent des révolutions n’a pas su inspirer le vieux continent. La liberté des peuples suscite une sympathie paradoxale parmi les Européens. Certes une emphase avec le souffle de l’histoire, du peuple qui emprunte le long chemin vers la démocratie. Une démocratie, il est bon de le rappeler, qui a mis plus de 100 ans à s’installer fermement en France. Mais aussi la malsaine retenue des hypothèses égoïstes. Parce que la liberté là-bas implique un changement ici. Inconsciemment, automatiquement, les Européens se questionnent sur ce qu’ils ont à perdre d’une explosion des pouvoirs dictatoriaux au sud de la méditerranée. De ces potentats sous supervision qui tempèrent les flux nord-sud. Depuis la chute de Z. Ben Ali et de H. Moubarak, les dirigeants français ont été contraints de modifier le tir, tant il devenait évident que, s’il fallait protéger le peuple, ce n’était pas de lui-même. Le mouvement n’étant pas porteur de violence, il a fallu se crisper sur des conséquences qui sont autant de scénarios catastrophes : l’immigration massive à nos portes, l’instabilité de la région ou encore la flambée du prix du pétrole. Bref, la révolution Arabe : pas une bonne nouvelle. Un sondage du Parisien indique que pour 69% des personnes interrogées ces révolutions sont un sujet d’inquiétude, alors que 49 % éprouvent de la “joie”.

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